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mardi 26 juillet 2011

Court séjour sur la Matane

Jo et moi sommes tout juste de retour de la Rivière Matane où nous avons taquiné le saumon. Nous avons quitté la Mauricie le jeudi 21 juillet en après-midi pour arriver à St-René de Matane en début de soirée. À ce moment, le débit de la rivière était de 25 mètres cube/seconde.

Vendredi matin, vers les 11 :00 heures A.M. nous débutons notre journée de pêche et c’est sous un soleil radieux que nous abordons la fosse La Vieille. Le niveau d’eau de la veille s’est maintenu et la mouche voyage bien. Malheureusement pour Jo, les saumons boudent sa mouche, je descend la fosse derrière elle avec une Tippet Shrimp étant donné la couleur de l’eau et comme j’arrive à la grosse roche située au centre de la rivière vers le bas de la fosse un beau saumon s’empare de la Tippet Shrimp et un combat d’environ cinq minutes s’engage. Le saumon que j’évalue à une dizaine de livres y va de trois superbes sauts et je réussi à bien le contrôler malgré ses forts coups de tête qui m’indiquent qu’il n’a pas l’intention de s’en faire imposer . Comme je m’apprête à diriger celui-ci vers la berge où le courant est moins rapide, j’ai soudainement la surprise de voir la mouche se détacher de la bouche du saumon. Je suis tout de même heureux, de l’action à ma première rotation, le voyage débute bien.



Après s’être remis de nos émotions Jo débute une autre descente et quelques minutes plus tard, sa mouche est attaquée par un saumon. Elle s’était attachée une mouche sans nom au corps pearl, aile noire et collerette orange et poule de Guinée bleu. La bataille durera 3-4 minutes et encore une fois salmo salar en sortira gagnant. Le reste de la journée s’est déroulé sous une chaleur accablante et nous baignerons nos mouches sans aucune autre attaque.



Samedi matin, petit déjeuner à l’Hôtel Métropole vers les 8:00 heures et départ pour la pêche sous un ciel couvert et tendance à la pluie vers les 10 :00 heures. Nous descendons vers Matane et comme il n’y a personne en passant à Ruisseau-Gagnon nous débutons à cet endroit. Nous aurons le temps de faire une descente avant le début d’un orage accompagné d’éclairs et de coups de tonnerre qui nous font sortir de la rivière. Petit repos obligé d’une trentaine de minutes et reprise des activités à la même fosse par la suite. Je reprend en face du ruisseau où Jo avait vu marsouiner deux gros saumons et quelques minutes plus tard, avec ses yeux de balbuzard pêcheur elle me signale avoir vu entrer un saumon sur le pied de la fosse. Je lui laisse alors les marsouins et me dirige en aval pour agacer le nouveau venu avec une sèche au corps de couleur turquoise, hackles tan et queue et oreilles blanc. Je n'ai pas plus de quatre ou cinq lancers à faire autour de la grosse roche qui émerge au centre de la rivière pour être aux prises avec un saumon de neuf livres que je réussis finalement à amener au bord. Après un moment de réflexion intense mais court, je décide de garder le saumon qui sera fumé chez Raoul Roux à Matane. Nous prenons alors une pause le temps d’aller enregistrer la capture au Métropole et je me dirige chez Roux à Matane sous un ciel noir d’encre.





Une heure plus tard, je suis de retour à St-René et me dirige à la fosse Petit Matane pour voir comment ma blonde se débrouille. J’ai tout juste le temps d’arriver à la table de pique-nique que des rafales d’une centaine de kilomètres à l’heure se déchaînent entremêlées de fortes pluies, de quelques grêlons et de craquements d’arbres. Cette tempête fait rage pendant une bonne heure et le niveau d’eau monte à vue d’œil emportant avec lui tout ce qui jonche sur la grève et les arbres qui cassent sous la force des vents. En début de soirée, Jo se fait jouer en arrachant sa sèche de la bouche d’un gros saumon qui voulait lui faire vivre des émotions.

Pour la journée de dimanche j’ai décidé de ne pas pêcher et consacrer cette journée à la photographie. Ma blonde tenace comme d’habitude pêchera toute la journée mais ne réussira qu’à leurrer une truite la pêche étant plus difficile que les jours précédents. Le coup d’eau de la veille aura fait encore monter le niveau de la rivière et l’eau qui était brouillée au petit matin réussira tout de même à se clarifier durant la journée.

Nous quittons tôt l’Hôtel Métropole lundi matin avec comme but de faire un arrêt exploratoire au marais salé de Rimouski ainsi qu'à la passe migratoire de la rivière Matane.




Ces petites sorties de pêche passent toujours trop vite mais nous permettent tout de même de revoir des connaissances pour lesquelles nous avons une affection particulière. Nous avons été agréablement surpris de constater que quelques nouvelles figures s’adonnaient à la pêche du saumon pour la première fois et comme les conditions cette année facilitent quelque peu la capture de salar, ce sont des visages que nous devrions revoir au cours des prochaines années sur la Matane ou ailleurs.

Merci spécial à Louis et Jane pour l’accueil chaleureux.

mardi 27 juillet 2010

Retour de la rivière Matane

Jo et moi sommes de retour d'un court séjour à la rivière Matane. Départ jeudi dernier 15 heures et retour hier à 15 heures. Nous étions basés à l'Hôtel Métropole à St-René de Matane où les propriétaires Louis et Jane nous ont traités aux petits oignons.

Vendredi dernier, seule Jo a trempé ses mouches, la chaude température et le soleil de plomb m'ont fait pencher pour une journée photos au lieu d'une journée pêche. Jo a exploré des fosses telles la Vieille, Le Moulin, Le Petit Rapide sans résultat ni action. Nous sommes allés faire un tour à Cap Seize, le temps d'une collation.










Le lendemain, fidèles à nos habitudes, nous étions à l'eau vers les 10 heures A.M. nous débutons donc notre journée à la fosse Panier où nous n'avons pas vu l'ombre d'un saumon. Sur l'heure du dîner, nous nous sommes dirigés à la Fosse Métropole où il n'y avait âme qui vive! Nous avons passé une mouche noyée sans résultat et par la suite fait place aux sèches pour les deux heures suivantes. Vers les 14 heures, quelques pêcheurs arrivent pour explorer la fosse et comme c 'est à mon tour de m'engager dans la rotation, je m'avance à la sortie de la rivière Petit-Matane pour y passer une sèche rapidement.

La veille, j'avais acheté quelques sèches à la boutique de Louis et j'en avais fait cadeau à ma blonde. En fouillant dans ma boîte, je me cherchais une petite sèche mais je n'avais que des numéros 2 et 4. Je demande alors à Jo de me passer la petite crevette # 6 que j'avais acheté la soirée d'avant. N'écoutant que son grand coeur, elle me donne la crevette sans rechigner et c'est avec confiance que je débutais ma rotation. Je n'avais pas dix lancers de fait qu'un pêcheur me précédant était aux prises avec un grand saumon qu'il allait perdre après une dizaine de minutes.

Les rotations reprennent après coup et à l'intérieur de moi la confiance se manifeste de nouveau, je me dis que nous vivons une petite période d'activité et c'est bon signe. Me voici donc arrivé sur le pied de la fosse et j'y vois une dizaine de saumons dont 3 ou 4 bien positionnés de l'autre côté de la ligne de courant là où une épinette morte repose sur la rive opposée. Deux ou trois lancers biens placés et rien ne se passe, je descends un peu et relance vers les saumons. La sèche tombe bien lentement et voilà qu'un d'entre-eux fend l'eau mais ne prend pas la mouche. Je ne suis pas d'un naturel ambitieux à la pêche mais là, je dois admettre qu'une envie folle de me mesurer à salar m'envahie.

Je redescend de nouveau en étirant ma soie pour qu'elle puisse lui tomber sur le nez. Un lancer bien placé, rien, un deuxième lancer, même résultat. Je descend de nouveau et me voici rendu avec une bonne longueur de soie à sortir. J'attends une petite accalmie étant donné la distance à atteindre. Je charge au maximum de la main gauche et laisse défiler ma soie malheureusement sans la faire passer entre le pouce et l'index. La voilà parti à vitesse grand V et elle s'enroule autour du moulinet en y faisant un demi noeud. Tout souriant, je me dis que salar ne pourrait choisir meilleur moment pour s'emparer de la petite crevette. Comme s'il avait lu dans mes pensées, je vois le saumon monter et engloutir la sèche, je le pique comme il faut mais je me dois de faire vite et dénouer ce fichu noeud autour du moulinet. Je réussi à défaire le noeud en moins de deux mais comme je portais attention au moulinet sans me soucier du bout de ma canne, deux ou trois tours de soie se sont maintenant formés au bout de ma canne tout juste comme le saumon commence à se diriger en amont. Vitement, je fais faire au bout de la canne deux trois rotations en sens inverse des aiguilles d'une montre pour défaire les noeuds et je peux enfin entreprendre un combat qui durera moins d'une dizaine de minutes. J'ai remis cette femelle de 10-12 livres à l'eau car elle était atteinte sévèrement d'anisakis simplex et qu'elle avait une blessure d'environ trois pouces de long sur le côté gauche (voir la photo ci-bas d'un saumon atteint de cette maladie). Je n'ai plus pêché de l'après-midi mais le soir venu, me suis dirigé à la Coulée des Seaux pour ensuite terminer à la Falaise avec ma blonde où j'ai passé une sèche.



L'an dernier, Jo avait capturé une saumon d'une dizaine de livre dans un des rapides de la tête de la Falaise. Nous avons pêché la fosse avec confiance mais aucune manifestation de salar si ce n'est que rendu dans la section aval un saumon a flashé et nous a permis de le localiser. Jo s'installe alors une Green Machine et remonte un peu pour être certaine de bien couvrir l'endroit où il se trouve. Alors que la mouche avait dérivé sur toute la largeur de la rivière et que s'amorçait le mouvement arrière pour le prochain lancer, une grosse face sortie de nulle part s'élance sur la mouche qui était maintenant dans environ 4 pouces d'eau. Dans mes vingt ans de pêche au saumon, je n'avais jamais vu pareille attaque ni pareilles éclaboussures. Le tsunami passé, ma blonde et moi nous sommes regardés éberlués en nous demandant quelle sorte d'enragé avait bien pu rater la mouche. Il n'est jamais revenu et ainsi allait s'achever la soirée de samedi.







Il s'enregistrait environ une vingtaine de saumons par jour au Métropole et nos chances de captures auraient été bien meilleures si nous avions été dans la rivière au petit matin. Difficile toutefois de se lever à 4 heures A.M. lorsqu'on sort de table bien repu à 23 heures et qu'on se couche à minuit trente.

Dans la journée de dimanche, nous avons exploré les fosses La Boucannerie, Le "petit pot" en bas de la Boucannerie, Le Petit Rapide, Les Tuffs et le Cran Rouge pour finir à Ruisseau Gagnon sans résultat. Le niveau d'eau était sur le montant toute la journée car une pluie était tombée durant la nuit précédente.

J'ai regretté avoir pêché dimanche non pas parce que je n'ai rien pris mais plutôt parce que si j'avais eu mon appareil photo au lieu d'une canne à moucher dans les mains, j'aurais pu y capture de bonnes photos d'un pygargue à tête blanche qui nous a passé très bas au dessus de la tête par deux fois cette journée là.

Nous avons quitté St-René vers 9 heures A.M. lundi après une très belle fin de semaine où nous avons rencontré de vieilles connaissances dont certaines vivent malheureusement actuellement des moments difficiles étant aux prises avec la maladie. Voilà une raison de plus pour vivre pleinement ses passions et goûter chaque minute de la vie.

Comme si les 600 kilomètres parcourus n'étaient pas suffisants, nous avons terminé la journée de lundi aux étangs de Baie-du-Fèvre où j'ai capturé les images suivantes.







dimanche 26 juillet 2009

De retour de la Matane

De retour ce soir de quelques jours de pêche sur la Rivière Matane. Ma blonde 1 moi zéro. D'ici quelques jours, je fais un texte et poste des photos.

À l'arrivée, eau très basse et bonne pluie samedi ce qui a amélioré les conditions, la pêche devrait être excellente cette semaine.

mardi 29 juillet 2008

Sortie sur la Matane

Nous sommes de retour de trois jours de pêche sur la rivière Matane où nous avons résidé à l'Hôtel Métropole. Le résultat de ces trois journées est de un grisle pour chacun de nous deux.

Avec la canicule qui régnait sur la Matane, il n'était pas question de pêcher 10-12 heures par jour, alors vendredi dernier, nous avons débuté vers les 11 heures A.M. et vers 13 heures, Jo et moi avions chacun une capture, nous avons persisté dans l'espoir d'en capturer une deuxième mais la chaleur accablante à eu raison de nous avant 17 heures.





Jo a capturé son grisle à la fosse la Vieille avec une mouche au corps vert, aile jaune et collerette de poule de Guinée. Dans mon cas, j'ai réussi à capturer le mien avec un bomber acheté à la boutique de l'hôtel, il avait un corps de poils de chevreuil naturel, aile et corne blanches et hackle brun roux.


Samedi vers 10 heures, suite à une visite à la fosse Métropole, le couvert nuageux nous décidait à acheter nos droits de pêche pour la journée, cela devait s'avérer une grave erreur, pas plus d'une heure après, les nuages devaient s'effacer et laisser la place à un soleil de plomb qui faisait baisser la rivière à vue d'oeil. Nous pêcherons jusqu'en milieu d'après midi vaincus encore une fois par la chaleur accablante.


Dimanche fut la répétition des journées précédentes et la température de l'eau devait connaître des pointes de 71,7 °F., on m'a rapporté un saumon mort à la fosse Lebreux et en ce qui me concerne, j'ai vu une carpe morte à la fosse La Vieille.


Plusieurs saumons furent capturés à la fosse Métropole durant la fin de semaine mais le tout se jouait majoritairement entre 4 et 10 heures A.M.

Les lève-tot ont tout raflé durant notre séjour. L'eau qui à notre arrivée faisait dans les 12 mètres cube/seconde avait baissée pour ne représenter que 9 mètres cube/seconde le lundi matin du départ. Comme cela arrive souvent lors d'un voyage de pêche au saumon, les conditions se sont améliorés après notre séjour, la station hydrométrique de la Matane indiquait 15 mètres-cube/seconde aujourd'hui et le saumon a recommencé à mordre allègrement.

Comme nous étions là pour une fin de semaine de détente, nous n'avons pas fait une multitude de fosses, nous avons concentré nos efforts dans les fosses situées entre la Boucannerie et la Métropole et de brèves incursions au Cap Seize et à la fosse Petit Rapide.





Nous n'avons pas croisé beaucoup de nouveaux visages et c'est dommage quoique compréhensible vu les conditions de pêche. Nous y avons cependant rencontré un jeune qui sera de la relève dès l'an prochain. Il a très bien puisé un grisle qui n'en finissait plus de sauter pour son père et nous a démontré un talent certain pour le lancer à la mouche malgré son jeune âge (9 ou 10 ans).

Voici donc quelques photos de notre séjour en débutant avec le futur saumonier et son père.



Vérification des droits de pêche et permis par les auxiliaires qui font un bon boulot. Le gars à la chemise à carreau est Marc Guimond, un parfait gentleman et un ancien guide de la rivière (j'en connais plusieurs qui s'ennuient de ce gars là).



Finalement, un régulier de la fosse Métropole qui tente sa chance au coucher du soleil.

dimanche 14 octobre 2007

L'ACKC


Hameçon: Daiichi 2051 No. 3
Fil: UTC 70 denier rouge
Ferret: Tinsel ovale fin or, Diffraction tinsel rouge Lagartun, Tinsel ovale or
Côtes: Tinsel ovale fin or
Corps : Arrière: Soie floche vert fluo. Avant: Fibre de queue de paon
Sous-aile: 4 brins de Krystal flash vert
Aile: Poils d'ours noir
Collerette: Plume rougeâtre de faisan doré
Tête: Rouge

Contrairement à ce que certains pourraient croire, je ne tire pas l'inspiration du nom de cette mouche d'une station radiophonique ni de l'état de mes livrets bancaires après ma saison de pêche au saumon mais plutôt du petit bruit sec que j'ai entendu lors du bris de ma canne à moucher favorite à la fosse Boucannerie de Matane.

J'avais cette Sage SP 9½ pieds soie 8 depuis bientôt quinze ans et je la dorlotais encore, elle et moi ne faisions qu'un en situation de pêche, elle était mon porte-bonheur (hormis ma blonde évidemment). Elle avait connu ses jours de gloire avec des bêtes de plus de 20 livres et même une fois un trente livres tout fringant du début de juin. Jamais elle ne m'avait fait faux-bond mais comme il arrive souvent dans la vie, une séparation crève-coeur s'impose à l'improviste et ce beau matin de septembre devait être le jour tant redouté.

Le malheur s'est présenté en la personne d'un jeune castillon tout excité et rebelle qui avait décidé d'affronter son adversaire avec toute l'énergie de sa jeunesse.

Il faut dire que le bonhomme, avant de faire son premier lancer, avait trouvé son avançon un peu long mais par négligence avais omis de le raccourcir. Aussi, lorsque vint le temps de mettre la main à la queue du castillon et ne voulant pas trop faire entrer le noeud qui relie la soie à l'avançon dans les anneaux, il a senti la queue du castillon lui glisser entre les doigts et le jeune fou, avec toute la fougue de sa jeunesse s'est frayé un chemin entre les jambes du pêcheur tout étonné mais surtout inquiet du crack qui se fit entendre lorsque la canne n'a pu suivre le fuyard. Le poisson sera finalement contrôlé et libéré en guise de remerciement.

J'aurais bien aimé vivre ce moment de deuil en toute intimité mais il fut capté par l'équipe de Sport Action Vidéo. Ainsi, si les images sont diffusées, vous aurez un exemple de ce qu'il ne faut pas faire lorsqu'on veut finir sa journée de pêche avec la même canne.

Comme toujours dans la vie cependant, après les jours difficiles suivent les jours meilleurs. L'histoire se finira bien , je me suis présenté chez mon fournisseur et sur remise de ma canne qui avait maintenant plus de sections qu'à son origine, celui-ci m'assura que dans un mois environ je recevrai une canne identique mais complètement neuve. Ne me restera plus qu'à l'apprivoiser et éviter d'être négligent avec de petits détails qui font parfois toute la différence.

lundi 8 octobre 2007

Gaspésie automne 2007


Contrairement à notre voyage de juin où salmo salar s'était fait on ne peut plus discret, nos journées de pêche de septembre sur la rivière Bonaventure furent somme toute assez actives. Durant nos huit jours de pêche, Jo et moi avons eu la chance de gracier 3 grands saumons, 6 castillons en plus d'en perdre 3 autres.




Durant notre séjour, il y avait souvent des perches de secteurs contingentés à vendre à la Zec et nous aurions presque pu pêcher tous les jours dans ces secteurs. Pour la première fois, le nombre de saumons comptés en fin de saison se chiffrait sous la barre du millier d'individus, 829 si ma mémoire est bonne. Cette baisse y était certainement pour quelque chose dans la baisse de fréquentation.



Je me dois ici de lancer un message à mes amis québécois qui se sont rués sur des rivières ou la montaison était plus généreuse. Ainsi, ce n'est pas parce que les saumons sont moins nombreux dans la rivière que la pêche y sera moins bonne. À chaque fois que j'ai consulté la liste des réservations de pêche à la Zec, j'étais surpris de constater que sur une trentaine de pêcheurs, nous n'étions souvent que quelques québécois.






C'est peut-être l'année où Jo et moi avons consacré le moins d'heures à la pêche (ceux qui nous connaissent savent qu'on ne s'y éreinte habituellement pas) et où nous avons eu les meilleurs résultats. Le fait que plusieurs aient annulé leurs journées y est certainement pour quelque chose. Morale de l'histoire, mieux vaut pêcher dans un endroit où la pression de pêche est moindre que dans un autre où l'on se marche sur les pieds.


Nous avions aussi deux jours sur la Petite-Cascapedia, Jo y a perdu un saumon de belle taille dans les premiers instants du combat à la Fosse Edgar Cyr lors de la première journée. Pour ce qui est de moi, j'y ai gracié un saumon d'entre huit et dix livres à la fosse Big Eddy lors de notre deuxième visite. Encore là, le mot d'ordre était profitons de la vie.

Bien relaxe dans le gazebo, baguette de pain, pâté de foie gras, fromages et salade de légumineuses accompagnés d'une Fiole du Pape cadeau d'un confrère saumonier, l'atmosphère n'était pas à la pêche mais plutôt à la fête.






Big Eddy est vraiment spectaculaire avec son vieux camp de bois rond sur la droite qui donne à l'endroit une allure du siècle dernier et surtout la montagne abrupte qui nous fait face et vient jeter l'ombre sur la fosse très tôt en après-midi. Le courant arrive sur la droite et vient se jetter dans la fosse avec vigueur mais pour presque mourir aussitôt dans un petit lac qui s'est formé en face du chemin et finalement frapper sur le cap de roche sur la gauche pour reprendre de la vigueur après avoir formé une petite courbe. Point n'est besoin de passer des heures à cet endroit pour assister au spectacle de saumons à la taille souvent impressionnante qui nous démontrent comment ils ont gagné leur titre de salmo salar.

J'adore la Petite-Cascapedia, l'endroit n'est pas encore pollué par des dizaines de kayaks à l'heure et on y retrouve une paix quasi monastique. Nous en avons profité pour la marcher sur une bonne distance et tôt en saison, c'est à n'en pas douter une rivière qui peut s'avérer des plus redoutables avec ses méandres et ses "jams" de bois plus qu'impressionnantes.

Lors de notre passage, selon certains employés qui travaillaient sur la construction des chalets, on était à compléter un développement de 27 chalets de ski à Pin-Rouge et restera à voir dans quel sens cela évoluera, on semble vouloir y promouvoir des activités quatre-saisons et il arrive à l'occasion que certaines d'entre-elles soient conflictuelles, on n'a qu'à penser à ce qui se vit sur la Bonaventure durant les grosses semaines touristiques d'été.

Nous avons aussi passé quelques jours sur la rivière Matane après notre départ de Bonaventure, nous avons séjourné à l'Hôtel Métropole, opéré par notre ami Louis Bazin et sa compagne Jane, moi qui voulais perdre quelques livres, j'ai dû remettre ma résolution à plus tard ne pouvant résister aux desserts aussi bons que variés.

Nous y avons pêché trois jours et j'y ai gracié un castillon à la Fosse Boucanerie, un des rares sinon le seul enregistré à cette fosses durant l'été selon Louis. J'ai connu un moment d'enfer à la Boucanerie lorsque qu'en fin de bataille et venant pour prendre le poisson par la queue, celui-ci profita d'un avançon un peu long pour donner un coup de queue inattendu et se faufiler entre mes jambes ce que n'a pu faire ma canne favorite, j'entendis alors un petit crack significatif d'un bris de graphite mais j'ai tout de même réussi par la suite à libérer le délinquant de l'emprise de l'hameçon et le gracier en guise de remerciements. Le matériel à la vie courte mais les souvenirs eux sont éternels.


En fin de voyage, nous avons pêché une demi-journée sur la Matapédia, histoire d'aller rencontrer des gens de la communauté Québec-Pêche qui y passaient la fin de semaine suite à une sortie saumon organisée par notre ami et saumonier d'expérience Pierre Manseau. Je me dois de lever mon chapeau devant la très belle organisation de cette fin de semaine où de nouveaux venus à la pêche du saumon étaient accompagnés et conseillés par des mentors et guides qui durant ces deux journées, ont partagé avec les néophytes leurs connaissances de la rivière et de la pèche à salmo salar.



Ces moments magiques ont été captés sur pellicule par Sport Action Vidéo Inc. et devraient être diffusés dès cet automne à RDS dans le cadre d'une série d'émissions sur la pêche au saumon atlantique. Bravo encore et merci à tous ceux et celles (personnes comme organismes) qui ont rendu cette activité possible. Les couleurs d'automne de la vallée de la Matapédia devraient illuminer le petit écran très bientôt.




La grande nouveauté pour nous cette année était de décontaminer tout notre matériel de pêche avant et après chaque rivière suite à la découverte de didymo dans les rivières gaspésiennes.

Nous avons respecté méticuleusement tous les conseils publicisés mais malheureusement, encore trop d'utilisateurs de rivières ne se soucient peu ou guère ou encore ne sont tout simplement pas au courant de la menace de cette diatomée. Si tel est votre cas, je vous invite à ne pas pas prendre cette menace à la légère et vous enquérir dès aujourd'hui des manières de contrôler la propagation de cette algue et d'autres espèces envahissantes qui pourraient venir anéantir la qualité de pêche que l'on retrouve dans nos cours d'eau. On n'a qu'à voir ce qui se produit en Nouvelle-Zélande pour comprendre qu'il ne s'agit pas de contes inventés mais d'un mal qui coûte des millions de dollars annuellement en plus de rendre quasi impossible dans certains cas la pratique de la pêche sportive. Je vous invite à consulter les hyperliens traitant de ce sujet sur ce blogue.

vendredi 3 août 2007

La Matane Fin juillet

Jo et moi sommes de retour d'une petite sortie de 5 jours sur la rivière Matane. Je poste ici des photos que je n'ai pas mis dans un rapport de notre sortie sur le site de Québec Pêche. Voir ce récit ici . Nous avions délaissé la Matane pour la Bonaventure depuis quelques années principalement pour des raisons de plaisir de pêche dans des eaux vives. Par temps chaud, la rivière Matane baisse et se réchauffe rapidement ce qui n'est pas le cas pour sa consoeur de la Baie des Chaleurs. Heureuse surprise toutefois, malgré des températures inconfortablement chaudes et humides, le niveau et le débit de la rivière se sont maintenus passablement bien durant nos 4 jours de pêche complets. Nous avons résidé à l'Hôtel Métropole qui est réouvert cette année sous la gouverne de Louis Bazin et sa compagne Jane. Il y a des changements notables avec l'ajout d'une petite boutique d'articles de pêche à la mouche et d'une petite section salon dans le bar où l'on peut y lire les revues de l'ASF et de la FQSA tout en sirotant un bon Porto LBV ou une consommation alcoolisée de son choix. La Matane est vraiment agréable à explorer, toutes les fosses sont publiques sans contingentement et la rotation est de rigueur dans toutes celles-ci. Les fosses de rétention sont toujours très achalandées, ce qui laisse le champ libre pour plusieurs autres petites fosses mineures et intermédiaires même lorsqu'il y a affluence sur la rivière. Je recommande à tous les nouveaux saumoniers de débuter par la Rivière Matane, c'est un cours d'eau à l'échelle humaine, i.e. pas trop large ni étroit avec une multitude de fosses intéressantes aux divers degrés de difficulté. Le système de rotation qui donne une chance égale à tous y est établi depuis longtemps et est généralement bien compris et respecté par les pêcheurs. Vous trouverez ici la carte de la rivière et une description des fosses à saumon. On a récemment découvert sur la rivière Matane et d'autres rivières gaspésiennes la présence de l'algue Didymosphenia geminata (didymo) qui fait actuellement des dommages en Nouvelle Zélande , aussi, avant d'y pêcher, si vous avez fréquenté d'autres plans d'eau, on vous demande de nettoyer votre équipement à l'arrivée et de procéder à une autre désinfection après votre séjour, ceci afin de limiter le plus possible l'envahissement d'autres territoires par cette algue nuisible pour la qualité de la pêche. Voir dans la colonne de droite de mon blog pour de l'information et des liens menant à la procédure de nettoyage, j'y consacre une bonne section.